Méthode · Prescription · 31/10/2026 · 5 min de lecture
Architecte d’intérieur et fournisseur de mobilier : qui fait quoi ?
Sur un projet d’aménagement, plusieurs métiers se croisent et les frontières sont floues pour celui qui paie. Qui dessine, qui achète, qui livre, qui répond d’un défaut : une répartition claire, et les questions à poser avant de signer.
Par Paul Guez, fondateur et dirigeant de Soul Design

L’essentiel
- L’architecte (titre protégé par la loi de 1977) ou l’architecte d’intérieur conçoit le projet ; les entreprises de travaux le construisent ; le fournisseur de mobilier sélectionne, fait fabriquer, livre et pose les meubles.
- Chacun répond de sa part : les travaux relèvent des entreprises et de leurs assurances, le mobilier des garanties du vendeur. Un contrat clair dit qui commande quoi, au nom de qui.
- Demandez comment chacun est rémunéré sur le mobilier : honoraires, conditions professionnelles répercutées ou non. C’est une question légitime, à poser par écrit.
Un dirigeant qui réaménage son siège, une hôtelière qui rénove ses chambres, un couple qui refait un appartement : tous finissent par avoir trois ou quatre interlocuteurs, et la même question. « Si la table arrive trop grande, c’est la faute de qui ? » Répondre avant le début du projet évite bien des tensions. Voici comment se répartissent les rôles, et comment nous travaillons avec les architectes et décorateurs.
Architecte, architecte d’intérieur, décorateur : quelle différence ?
Le titre d’architecte est protégé par la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l’architecture : seules les personnes inscrites à l’Ordre des architectes peuvent le porter. Leur intervention est obligatoire pour certains permis de construire ; elle ne l’est pas pour un aménagement intérieur sans permis.
Le titre d’architecte d’intérieur n’est pas protégé par la loi au même titre. Des organisations professionnelles, comme le Conseil français des architectes d’intérieur (CFAI), délivrent une reconnaissance à leurs membres selon leur formation et leur expérience. Pour choisir, regardez les réalisations, les références vérifiables et l’assurance professionnelle, plus que l’intitulé.
Le décorateur intervient en général sur les ambiances, les couleurs, les textiles et le mobilier, sans toucher aux cloisons ni aux réseaux. Les frontières varient d’un professionnel à l’autre : c’est le contrat de mission qui compte.
Qui fait quoi sur un projet ?
| Intervenant | Ce qu’il fait | Ce qu’il ne fait pas en général |
|---|---|---|
| Architecte ou architecte d’intérieur | Programme, conception, plans, choix des matériaux, consultation et suivi des entreprises, prescription du mobilier | Fabriquer ou vendre le mobilier |
| Entreprises de travaux | Cloisons, électricité, plomberie, sols, peinture, menuiseries fixes | Le mobilier mobile |
| Fournisseur de mobilier (Soul Design) | Sélection, dessin des pièces sur mesure, fabrication par des ateliers partenaires, fiches techniques et PV feu, livraison, pose | Les travaux, la maîtrise d’œuvre de chantier |
Soul Design ne réalise ni ne vend de travaux. Notre rôle commence là où le mobilier entre en jeu : nous choisissons et dessinons les pièces, les faisons fabriquer, les livrons et les installons, en calant nos interventions sur le planning des entreprises. Sur demande, nous pouvons recommander des entreprises ; chacune répond alors de ses propres travaux.
Qui commande le mobilier, et au nom de qui ?
Deux schémas existent, et il faut choisir lequel avant la première commande :
- Le client achète directement auprès du fournisseur, sur la prescription de son architecte. Le contrat de vente lie le client et le fournisseur ; l’architecte vérifie la conformité à sa prescription.
- L’architecte ou le décorateur achète pour revendre à son client, ou commande au nom de son client dans le cadre d’une mission d’achat. C’est ce qu’on appelle souvent la gestion des achats (procurement).
Dans les deux cas, la question clé est la même : qui est le vendeur, donc qui répond des garanties légales du mobilier ? Pour un particulier, ce sont celles du Code de la consommation (voir acheter un meuble : vos droits). Notre page gestion des achats mobilier pour architectes décrit comment nous prenons en charge relances, accusés de réception et réception, sans substitution de référence sans accord écrit.
Comment chacun est-il rémunéré ?
L’architecte ou le décorateur est rémunéré par des honoraires, forfaitaires ou proportionnels au montant du projet. Les fournisseurs accordent souvent aux prescripteurs des conditions professionnelles ; c’est le cas de notre programme Trade. Ces conditions peuvent être répercutées au client, intégrées à la rémunération du prescripteur, ou partagées.
Aucun de ces modèles n’est suspect en soi ; ce qui pose problème, c’est l’absence de transparence. Demandez par écrit comment votre prescripteur est rémunéré sur le mobilier, et faites-le figurer dans le contrat de mission. Un bon professionnel répond sans détour.
Quels documents échanger pour que tout se passe bien ?
- Un plan coté à jour, avec l’emplacement de chaque pièce et les points d’interface avec les travaux : prises au sol, renforts muraux, alimentation d’une banque d’accueil, éclairage au-dessus d’une table.
- Une liste de prescription par référence : fabricant, modèle, dimensions, finition, tissu, quantité, pièce par pièce.
- Les fiches techniques et PV de réaction au feu pour les lieux recevant du public (voir normes feu du mobilier), et, si le tissu est fourni par le client, les essais correspondants (voir tissu fourni par le client).
- Un planning commun, avec les dates de validation, de commande, de fin de travaux et de livraison (voir les étapes d’un projet et leur durée).
- Un procès-verbal de réception du mobilier, distinct de celui des travaux, avec les réserves éventuelles.
Et si l’on n’a pas d’architecte ?
Pour un aménagement sans travaux lourds (un plateau de bureaux déjà cloisonné, un appartement à meubler, des chambres d’hôtel dont on renouvelle le mobilier), un architecte n’est pas indispensable. Nous réalisons alors nous-mêmes le plan d’implantation et le choix du mobilier, comme le montrent nos projets d’illustration et notre page transformer un intérieur sans travaux. Dès que des cloisons, des réseaux ou un lieu recevant du public sont en jeu, un maître d’œuvre devient précieux, et nous travaillons volontiers avec lui. Pour les architectes et décorateurs, notre page sourcing mobilier pour architectes détaille notre fonctionnement.
Sources
- Loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l’architecture (protection du titre d’architecte) ; Ordre des architectes.
- Conseil français des architectes d’intérieur (CFAI), reconnaissance professionnelle des architectes d’intérieur.
- Soul Design, conditions générales de vente : pas de travaux, recommandation d’entreprises sur demande.
Questions fréquentes
Le titre d’architecte d’intérieur est-il protégé ?
Pas au même titre que celui d’architecte, protégé par la loi du 3 janvier 1977 et réservé aux inscrits à l’Ordre. Des organisations professionnelles comme le CFAI délivrent une reconnaissance à leurs membres ; regardez surtout les réalisations, les références et l’assurance.
Faut-il un architecte pour aménager des bureaux ?
Pas obligatoirement pour un aménagement intérieur sans permis de construire. Dès que des cloisons, des réseaux ou un lieu recevant du public sont en jeu, un maître d’œuvre est fortement recommandé, notamment pour l’autorisation de travaux.
Qui est responsable si un meuble livré est défectueux ?
Le vendeur du meuble, au titre des garanties légales. D’où l’importance de savoir, avant la commande, qui vend : le fournisseur directement, ou l’architecte qui revend dans le cadre d’une mission d’achat.
Soul Design réalise-t-elle les travaux d’aménagement ?
Non. Soul Design choisit, dessine, fait fabriquer, livre et installe le mobilier. Les travaux sont réalisés par les entreprises que vous ou votre architecte mandatez ; nous calons nos livraisons sur leur planning.


