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Parler de mon projet

Guide de conceptionMis à jour le 26/10/20263 min de lecture

Un open space plus calme
commence par le plan, pas par les panneaux.

Dans un espace ouvert, ce qui gêne n’est pas tant le niveau sonore que la parole intelligible des voisins. On la réduit en combinant quatre leviers : le zonage des activités, l’absorption (plafond, murs, mobilier), les écrans entre postes et des lieux fermés pour les appels. La norme NF S 31-199 fixe le cadre de performance des espaces ouverts de bureau.

01 — Ce qui gêne vraiment : la parole des autres

Le bruit d’un bureau ouvert est rarement très fort. Ce qui fatigue, c’est d’entendre et de comprendre des conversations qui ne nous concernent pas : le cerveau les traite malgré lui. L’objectif acoustique est donc moins de baisser le volume que de réduire la distance à laquelle une conversation reste intelligible.

La norme NF S 31-199 décrit cette approche pour les espaces ouverts de bureaux. Elle distingue plusieurs types d’espaces selon l’activité, et associe à chacun des objectifs (décroissance du son avec la distance, niveau de bruit de fond, durée de réverbération). Une étude acoustique la prend comme référence.

02 — Les quatre leviers, dans l’ordre

L’erreur la plus courante est de commencer par acheter des panneaux. L’ordre efficace est le suivant :

  • Zonage : séparer les équipes qui téléphonent beaucoup de celles qui ont besoin de concentration, éloigner la cafétéria et l’accueil des postes calmes.
  • Absorption au plafond : c’est la surface la plus grande et la plus efficace pour limiter la propagation de la voix.
  • Absorption et écrans près des postes : cloisonnettes, rangements faisant écran, panneaux muraux, textiles, rideaux.
  • Lieux fermés : bulles, petites salles et cabines pour les appels et les visios, en nombre suffisant pour être réellement disponibles.

03 — Où le mobilier fait la différence

Le mobilier agit de deux façons : il absorbe (surfaces textiles, panneaux perforés, mousses) et il fait écran (hauteur et continuité entre deux postes). Un rangement haut placé entre deux îlots coupe la ligne directe entre les bouches et les oreilles ; une bibliothèque ouverte des deux côtés, garnie de livres et d’objets, diffuse le son.

Un écran de bureau bas, en revanche, apporte surtout de l’intimité visuelle. Pour qu’un écran compte acoustiquement, il doit dépasser la hauteur des têtes assises et l’espace doit avoir un plafond absorbant : sinon le son passe par-dessus et revient par le plafond.

Ce que l’on peut attendre de chaque élément (ordre d’efficacité, à confirmer par l’étude)
ÉlémentAction principaleCondition d’efficacité
Plafond absorbantLimite la propagation de la voixCouvrir la majeure partie du plafond
Écrans entre postesCoupe la transmission directeHauteur suffisante, plafond absorbant
Rangements hautsÉcran + rangementContinuité entre îlots
Panneaux murauxRéduit les réflexionsSur les murs face aux postes
Tapis, rideaux, assises tapisséesAbsorption d’appointSurfaces importantes
Cabines et bullesIsole les appelsNombre suffisant, ventilées

04 — Le bruit de fond : un allié à doser

Un espace trop silencieux rend chaque conversation audible. Un léger bruit de fond, celui de la ventilation ou d’un système de masquage sonore, réduit l’intelligibilité à distance. Il se règle avec un acousticien : trop fort, il devient lui-même une gêne.

05 — Notre façon de travailler

Sur un projet de plateau, nous partons du zonage et des usages relevés pendant le diagnostic, puis nous choisissons le mobilier en fonction de son rôle acoustique, avec l’acousticien quand l’enjeu le justifie. Les cabines sont dimensionnées sur le nombre d’appels réels, et leur ventilation est vérifiée avant l’achat (voir notre guide sur les phone box).

Questions fréquentes

Comment réduire le bruit dans un open space ?

En combinant zonage des activités, plafond absorbant, mobilier qui absorbe ou fait écran près des postes, et lieux fermés pour les appels. Le plafond est le levier le plus efficace ; les panneaux et le mobilier viennent en complément. Une étude acoustique selon la norme NF S 31-199 fixe des objectifs mesurables.

Que dit la norme NF S 31-199 ?

Elle traite des performances acoustiques des espaces ouverts de bureaux. Elle distingue plusieurs types d’espaces selon l’activité et fixe pour chacun des objectifs, notamment sur la décroissance du son avec la distance, le bruit de fond et la réverbération. C’est la référence des études acoustiques de plateaux en France.

Les cloisonnettes de bureau sont-elles efficaces contre le bruit ?

Elles le sont si elles dépassent la hauteur des têtes assises et si le plafond est absorbant. Une cloisonnette basse apporte surtout de l’intimité visuelle. Sans plafond absorbant, le son passe au-dessus et se réfléchit vers les postes voisins.

Un tapis améliore-t-il l’acoustique d’un bureau ?

Il absorbe un peu, surtout les bruits de pas et de chaises, et adoucit l’ambiance. Mais son effet sur la parole reste modeste par rapport au plafond. C’est un complément utile dans les salons, les espaces d’accueil et les salles de réunion.

Combien de cabines acoustiques prévoir ?

Cela dépend du nombre d’appels et de visios réels. On part souvent d’une cabine pour 8 à 12 personnes, puis on ajuste avec les relevés d’usage. Une cabine toujours occupée signale un sous-dimensionnement ; une cabine vide, un mauvais emplacement ou une ventilation insuffisante.

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