01 — Ce que la norme EN 1335 garantit, et ce qu’elle ne garantit pas
La norme NF EN 1335 encadre le siège de travail de bureau. La partie 1 définit les dimensions et leurs plages de réglage selon le type de siège ; la partie 2 fixe les exigences de sécurité (stabilité, résistance, durabilité) ; la partie 3 décrit les essais en laboratoire. Un siège conforme a donc des réglages dans des plages reconnues et résiste à un usage de bureau prolongé.
Ce que la norme ne dit pas : si le siège convient à une personne de 1,55 m comme à une personne de 1,95 m, si la mousse reste confortable au bout de six heures, ou si le mécanisme est intuitif. Ces points se vérifient à l’essai. Demandez au fabricant le rapport d’essai ou l’attestation de conformité, et vérifiez qu’il porte bien sur le modèle et la version proposés (avec ou sans accoudoirs, avec ou sans têtière).
Pour un siège de réunion, d’accueil ou de cafétéria, la référence est plutôt la norme NF EN 16139 (sièges non domestiques). Ne demandez pas l’EN 1335 à un siège qui n’est pas un siège de poste.
02 — Les six réglages à vérifier
Un siège ergonomique ne se juge pas à son nombre de manettes, mais à la justesse de quelques réglages essentiels :
- Hauteur d’assise : pieds à plat au sol, cuisses à peu près horizontales, coudes au niveau du plan de travail. Sans repose-pied, c’est elle qui fixe la posture.
- Profondeur d’assise (translation de l’assise) : deux à quatre doigts entre le bord avant et le creux du genou. C’est le réglage le plus souvent absent des sièges d’entrée de gamme, et le plus utile pour les grandes et petites tailles.
- Inclinaison et tension du dossier : le dossier doit accompagner les mouvements, avec une tension réglable selon le poids de la personne. Un blocage en plusieurs positions est un plus.
- Soutien lombaire : réglable en hauteur, ou à défaut un dossier dont la forme épouse le creux des reins.
- Accoudoirs : réglables en hauteur, idéalement en largeur, et assez courts pour laisser approcher le siège de la table.
- Piètement et roulettes : cinq branches, roulettes adaptées au sol (dures pour la moquette, souples pour le parquet ou la pierre).
03 — Maille ou tissu, et pourquoi la question vient en dernier
Le dossier en maille ventile mieux et convient aux espaces chauds ; il peut sembler moins enveloppant. Le tissu ou la laine apportent une image plus domestique, appréciée dans les bureaux qui veulent ressembler à une maison. Les deux peuvent être conformes à l’EN 1335 : le revêtement est un choix d’usage et d’image, pas de santé.
Pour un usage intensif ou partagé (flex office), privilégiez un revêtement déhoussable ou facile à nettoyer, et vérifiez la résistance à l’abrasion du tissu (essai Martindale) dans la fiche du fabricant.
04 — Comment tester un siège avant d’équiper une équipe
Sur un projet de plusieurs dizaines de postes, demandez deux ou trois modèles en prêt et faites-les tester par un panel varié : petites et grandes tailles, personnes qui travaillent huit heures assises, personnes qui alternent avec la position debout. Chaque testeur règle d’abord son siège, puis l’utilise une demi-journée sur sa vraie table.
Notez trois choses : le temps nécessaire pour trouver le bon réglage, l’inconfort éventuel en fin de session, et la compatibilité avec le bureau (passage des accoudoirs sous le plateau, hauteur du plan). Ce test coûte peu au regard d’un achat de cent sièges qui restent huit à dix ans.
05 — Installation : le réglage fait partie de la livraison
Un siège livré au réglage d’usine est un siège mal réglé. À l’installation, prévoyez un passage poste par poste pour régler la hauteur, la profondeur et la tension, et laissez une fiche simple de réglage sur chaque siège. En télétravail, la même logique s’applique : le siège et la table doivent être pensés ensemble.
L’INRS rappelle que la prévention passe aussi par l’organisation du travail : pauses, alternance des tâches et possibilité de changer de posture comptent autant que le siège lui-même.
| Élément | Repère |
|---|---|
| Pieds | À plat au sol ou sur un repose-pied |
| Genoux | Angle proche de 90°, creux du genou dégagé de l’assise |
| Coudes | Au niveau du plan de travail, épaules relâchées |
| Écran | Haut de l’écran à hauteur des yeux ou légèrement en dessous, à une distance d’environ un bras |
| Dos | Appuyé, soutien lombaire au creux des reins |