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Parler de mon projet

Guide techniqueMis à jour le 26/10/20265 min de lecture

Mobilier d’hôtel et feu :
ce que chaque pièce doit prouver.

Un hôtel est un établissement recevant du public : son mobilier et ses textiles doivent répondre au règlement de sécurité incendie. En pratique, on demande pour chaque pièce rembourrée ou textile un procès-verbal (PV) de réaction au feu, délivré par un laboratoire agréé, et c’est le bureau de contrôle qui valide ce qui s’applique au projet.

01 — Le cadre : un hôtel est un ERP de type O

Les hôtels et établissements d’hébergement relèvent du règlement de sécurité contre l’incendie des établissements recevant du public, fixé par l’arrêté du 25 juin 1980. Ce règlement combine des dispositions générales, dont la section « aménagements » (articles AM), et des dispositions particulières au type d’établissement : type O pour l’hôtellerie, type N pour la restauration, type L pour les salles de réunion et de spectacle.

Un hôtel avec un restaurant ouvert au public et une salle de séminaire peut donc cumuler plusieurs types. Les exigences sur le mobilier varient selon l’emplacement (chambre, circulation, salle de restaurant, salle de réunion) et selon la catégorie de l’établissement, liée à sa capacité d’accueil.

Ce guide décrit la logique générale. Il ne remplace ni la notice de sécurité du projet ni l’avis du bureau de contrôle, qui fixent les exigences applicables pièce par pièce.

02 — Textiles, rembourrés, gros mobilier : trois familles, trois preuves

Le règlement ne traite pas toutes les pièces de la même façon. Il faut distinguer trois familles, car elles ne se prouvent pas avec les mêmes essais.

Ce qu’on demande, par famille de pièce (logique générale, à confirmer par le bureau de contrôle)
FamilleExemplesPreuve demandée en général
Textiles suspendus et murauxRideaux, voilages, tentures, tissus tendusClassement de réaction au feu (M1 ou équivalent Euroclasse) sur PV, souvent selon l’essai NF P 92-507
Sièges et éléments rembourrésFauteuils, banquettes, chaises tapissées, têtes de lit capitonnéesEssais sur l’ensemble tissu + garnissage : allumabilité NF D 60-013, et très souvent EN 1021-1 et EN 1021-2 dans les cahiers des charges
Gros mobilier et agencementBanques d’accueil, comptoirs, habillages, claustrasRéaction au feu des matériaux (classement M ou Euroclasses selon NF EN 13501-1), selon l’article AM applicable
Revêtements de solTapis fixés, moquettesClassement de réaction au feu du revêtement ; un tapis mobile décoratif est à faire valider au cas par cas

03 — M1, Euroclasses, EN 1021 : de quoi parle-t-on ?

Le classement M (de M0 à M4) est le système français historique de réaction au feu des matériaux ; M1 signifie « non inflammable » au sens de l’essai, et il reste couramment demandé pour les textiles. Les Euroclasses (A1 à F, avec les indices de fumée s et de gouttelettes d) sont le système européen défini par la norme NF EN 13501-1 ; les deux coexistent dans la réglementation française.

Les normes EN 1021-1 et EN 1021-2 ne donnent pas de « classe » : elles vérifient qu’un ensemble rembourré ne s’enflamme pas durablement sous une cigarette qui se consume (partie 1) ou sous une petite flamme équivalente à une allumette (partie 2). Le résultat est « réussi » ou « non réussi ». C’est la référence la plus partagée en Europe pour les assises contract, ce qui la rend précieuse quand un même modèle est livré dans plusieurs pays.

04 — Le procès-verbal : ce qu’il faut vérifier dessus

Un PV n’est utile que s’il correspond exactement à ce qui sera livré. Avant de valider une pièce, contrôlez :

  • le laboratoire émetteur et la norme d’essai citée ;
  • la référence exacte du tissu (et son coloris si le PV le précise) et du garnissage (mousse, ouate) ;
  • la date de l’essai et la durée de validité indiquée ;
  • le fait que le PV vise l’ensemble (tissu sur sa mousse) quand l’exigence porte sur un siège rembourré, et pas seulement le tissu seul ;
  • pour un tissu fourni par le client (COM) : un essai sur l’ensemble final, ou l’accord écrit du bureau de contrôle.

05 — Les pièges fréquents sur un projet hôtelier

Le premier piège est le changement de tissu en cours de projet : la chaise validée avec le velours A ne l’est plus avec le velours B. Le second est le traitement ignifuge appliqué après coup sur un tissu non classé : il peut être accepté, mais sa tenue au lavage et sa durée sont limitées, et il doit lui-même faire l’objet d’un PV. Le troisième est l’objet décoratif qui grossit : un grand tapis, un rideau de séparation ou une tenture murale ajoutés en fin de chantier, sans PV.

Pour éviter ces surprises, tenez une liste des pièces avec, en face de chacune, la preuve attendue et la preuve reçue. Sur nos projets, cette liste est jointe au dossier des ouvrages exécutés remis à l’hôtelier.

06 — À l’export : la même pièce, d’autres références

En Espagne, en Italie, en Suisse ou en Belgique, les référentiels diffèrent (voir notre comparatif des normes feu en Europe). Un modèle déjà testé selon EN 1021-1 et -2 voyage plus facilement ; un classement M1 seul est rarement suffisant hors de France. Anticipez dès la sélection, car un nouvel essai demande plusieurs semaines.

Sources

  1. Arrêté du 25 juin 1980, règlement de sécurité contre l’incendie dans les ERP (Légifrance)

Questions fréquentes

Le mobilier d’une chambre d’hôtel doit-il être classé M1 ?

Pas toutes les pièces, et pas toujours selon le même classement. Les rideaux et textiles muraux relèvent d’un classement de réaction au feu (M1 ou équivalent Euroclasse) ; les sièges rembourrés relèvent d’essais spécifiques, comme l’allumabilité NF D 60-013 ou les essais EN 1021-1 et -2. La notice de sécurité et le bureau de contrôle fixent l’exigence pour chaque emplacement.

Quelle différence entre M1 et EN 1021 ?

M1 est un classement français de réaction au feu d’un matériau, obtenu par un essai normalisé ; il s’applique surtout aux textiles. Les essais EN 1021-1 et EN 1021-2 vérifient qu’un siège rembourré complet ne s’enflamme pas durablement sous une cigarette ou une petite flamme. Ce ne sont pas des équivalents : l’un classe un matériau, l’autre teste un ensemble.

Un tissu traité ignifuge suffit-il ?

Il peut être accepté s’il est couvert par un PV, mais la tenue d’un traitement appliqué après coup dépend des lavages et du temps. Pour un usage hôtelier intensif, on préfère un tissu intrinsèquement non feu, dont la performance ne disparaît pas au nettoyage. Dans tous les cas, faites valider la solution par le bureau de contrôle avant la commande.

Que vérifier sur un procès-verbal de réaction au feu ?

Le laboratoire, la norme d’essai, la date et la validité, et surtout la correspondance exacte avec ce qui sera livré : référence du tissu, garnissage, parfois coloris. Pour un siège rembourré, le PV doit porter sur l’ensemble tissu et mousse, pas seulement sur le tissu seul.

Peut-on utiliser un tissu choisi par l’architecte (COM) ?

Oui, à condition de prouver la performance au feu de l’ensemble final : soit un PV d’essai sur le tissu posé sur le garnissage prévu, soit l’accord écrit du bureau de contrôle. Comptez le délai de l’essai dans le planning, souvent plusieurs semaines.

Qui décide des exigences feu sur un projet d’hôtel ?

Le maître d’ouvrage s’appuie sur la notice de sécurité du projet et sur le bureau de contrôle, puis la commission de sécurité vérifie à l’ouverture ou après travaux. Le fournisseur de mobilier apporte les preuves (PV) ; il ne fixe pas lui-même le niveau d’exigence.

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